1er mai à la CEET : Une fête historique

De toutes les célébrations du 1er mai à la Compagnie Energie Electrique du Togo, l’édition 2017 de la journée internationale du travail a connu une très forte mobilisation. Chefs de département, agents de métier, et autres employés de la CEET se sont retrouvés autour du Directeur Général, Paul Mawusi KAKATSI, dans une ambiance festive. Doléances du personnel, félicitations et exhortations du directeur général, distinction de quelques cadres de la société, chants et cantiques à la gloire de Dieu, etc., rien n’a été laissé au hasard dans l’organisation de cette année, l’une des plus réussies.

Les festivités ayant marqué la journée internationale du travail à la CEET ont commencé peu après midi. Malgré la pluie, invitée surprise de ce 1er mai, rien n’a douché l’enthousiasme et la joie du personnel de cette société légendaire, spécialisée dans la vente et la distribution de l’énergie électrique sur toute l’étendue du territoire national.

Après le mot de bienvenue de la commission d’organisation qui, grâce à l’appui des secrétaires généraux, n’a ménagé aucun effort pour concocter un cadre agréable et une animation à la hauteur de l’évènement, les syndicats sont montés à la tribune pour soumettre leur cahier de doléances à la direction générale.

Des doléances en dix points
A l’occasion de la fête du 1er mai 2017, les syndicats de la CEET, dont le SYNPRODEET-CEET, le SYNTRASEL, le SYNESE-TE, plaident pour la mise en œuvre des recommandations du comité de réflexion crée par arrêté interministériel n°027/MEF/MME/2015 du 12 mai 2015 pour plancher sur l’impact de la Centrale ContourGlobal Togo S.A. dans les comptes de la Compagnie Energie Electrique du Togo à la suite des mouvements de contestation des partenaires sociaux de la CEET de février 2015 et qui avaient pour fondement la séparation des charges de ContourGlobal de celles de la CEET.

Ils sollicitent l’ouverture des discussions urgentes pour rechercher des solutions au problème de cohabitation du statut du personnel approuvé le 22 décembre 2009 e celui du 30 octobre 2015. Les syndicats forment le vœu d’une plus grande implication des partenaires sociaux dans le choix des options concernant la gestion des ressources humaines. Ils demandent que la direction générale pourvoie au besoin en ressources humaines qui, de plus en plus, se fait sentir dans la plupart des unités opérationnelles de la CEET, et qu’une solution satisfaisante soit trouvée aux agents qui se trouvent dans une situation d’inactivité.

Les syndicats en appellent à la reprise du projet de construction abandonné pour permettre à la CEET d’avoir un siège digne de ce nom et de réévaluer les moyens mis à la disposition du projet de démantèlement des réseaux anarchiques communément appelés « toiles d’araignée », afin que les objectifs des cent mille (100.000) branchements anarchiques soient atteints.

En outre, ils sollicitent la formalisation d’un cadre permanent de dialogue social entre la direction générale et les partenaires sociaux en vue de renforcer la cohésion sociale au sein de la CEET.

Enfin, les syndicats posent le problème de la mise en application de l’article 47.2.2 du Statut du personnel relatif à l’assurance maladie des retraités de la CEET, et de la coopérative CETRAT pour alléger les souffrances des agents admis à la retraite qui ont d’énormes difficultés pour se voir rembourser leurs épargnes.

Un Directeur Général rassurant
Prenant la parole dans un tonnerre d’applaudissements, Paul Mawusi KAKATSI n’a pas caché sa joie et a félicité les syndicats pour leur cahier de doléances. « Les points qui figurent dans ce cahier de doléances sont légitimes et pertinents. Ce sont des préoccupations générales de la direction générale et du conseil d’administration », a-t-il introduit.

Répondant à chacune des préoccupations des syndicats, le Directeur Général de la CEET a étayé ses propos d’arguments convaincants. « S’agissant de la centrale Contour Global, il y a eu une réflexion d’une commission sanctionnée par un document qui a été remis aux autorités du pays. Cette commission a été mise en place à la suite des mouvements de contestation des partenaires sociaux qui se préoccupaient de l’impact de cette centrale sur la CEET. Je voudrais vous rassurer sur deux points. En premier lieu, concernant le choix de déployer ce projet dans le pays, il s’inscrit dans le cadre de la souveraineté nationale en matière d’énergie électrique. Et ce choix a été déployé au moment où le pays traversait une grave crise énergétique qui menaçait même les activités socio-économiques de notre pays. Cette centrale électrique est celle qui alimente actuellement toute la ville de Lomé, la Volta Region Authority (VRA), et toutes les sources d’importation. C’est une démonstration éloquente du bon choix que nos autorités ont fait en son temps pour doter notre pays d’une source autonome qui nous permettra d’avoir notre énergie lorsque les importations et les autres sources sont défaillantes. La nécessité de cette centrale n’est plus à démontrer », a expliqué le Directeur Général. « Secundo, j’aimerais aborder la gestion de cette centrale électrique. Cette gestion a effectivement eu des impacts sur les comptes de la CEET. Mais avec les appuis de l’Etat, la recherche permanente de solutions, notamment les sources alternatives en ce qui concerne l’approvisionnement en gaz et en fuel lourd, nous arrivons tant bien que mal à tenir. Et au niveau de l’équilibre de la CEET, nous n’avons pas de souci majeur à nous faire. Nous y sommes arrivés, ensemble avec vos efforts, ensemble avec les sacrifices que vous avez consenti. Je souhaiterais que nous soyons toujours ensemble pour trouver les voies et moyens d’inclure cet outil de production dans notre gestion, avec l’appui de nos autorités, et trouver la meilleure voie pour pouvoir utiliser davantage cette centrale électrique », a-t-il poursuivi. « L’équilibre entre l’offre et la demande nécessitera toujours le déploiement de nouvelles unités de production. Mais nous associerons les partenaires sociaux en temps opportun au bon choix de ces unités, pour que ça ne pénalise pas l’avenir de la société », a affirmé Paul Mawusi KAKATSI.

« En ce qui concerne le statut du personnel de la CEET, nous nous sommes mis d’accord qu’on ne peut pas faire cohabiter deux statuts. Nous avons déjà débuté des discussions pour arriver à l’application d’un seul statut, c’est-à-dire le nouveau statut. Et nous marquons notre accord pour que les choses aillent vite. Nous avons toujours souhaité impliqué les partenaires sociaux dans le choix des options concernant la gestion des ressources humaines. La direction générale, seule avec son équipe, ne peut pas vraiment fédérer, gérer les ressources humaines pour l’atteinte de cette mission de service public. Nous avons toujours lancé des appels en direction des partenaires sociaux pour qu’ils nous appuient. Effectivement, la CEET est à un moment charnière de la gestion de ses ressources humaines. Les compétences les plus avérées sont presque en train de partir. Et les compétences qui sont en train d’entrer ont besoin d’être formées. Et il faut des mentors pour que l’expertise soit conservée. Nous savons aujourd’hui que, pour la simple confection des voies de jonction, nous faisons appel aux anciens qui sont déjà à la retraite. Nous sommes dans un secteur de métier, dans un secteur industriel où la maîtrise des processus est nécessaire pour pouvoir garder la performance. Et cette maîtrise a besoin du temps. Je suis d’accord que nous devons anticiper pour pouvoir recruter en quantité et en qualité afin de pouvoir assurer la mission qui est la nôtre », a déclaré le Directeur Général. « La qualité des ressources humaines, nous la considérons comme l’un des maillons les plus essentiels de la réussite et de la viabilité de la CEET. Les grands défis ont toujours été relevés par un personnel qualifié, expérimenté, engagé, et dévoué. Pour les besoins en ressources humaines, nous sommes à pied d’œuvre. Les mesures sont déjà prises et en temps opportun, les partenaires sociaux seront associés au déploiement du processus », a-t-il ajouté.

Sur le point de la construction d’un siège pour la CEET, le Directeur Général a souligné qu’il s’agit d’un projet cher à la société. « Mais on ne construit pas tant qu’on n’a pas une bonne fondation, notamment sur le plan économique. La CEET, actuellement, n’est pas en mesure de déployer un projet de construction de son siège. Le préalable à faire, c’est d’asseoir la société au niveau de sa trésorerie et au niveau de sa viabilité financière. Nous avons jugé cette tâche prioritaire, et nous appelons l’ensemble du personnel à s’associer avec nous pour y aller vite, pour qu’à moyen terme, nous puissions parler d’un siège pour la CEET », a laissé entendre Paul Mawusi KAKATSI.

Revenant sur les « toiles d’araignée », le Directeur Général de la CEET a fait savoir à l’assistance les dispositions qui sont prises pour enrayer le phénomène. « Nous mobilisons des moyens pour arriver au démantèlement de ces réseaux anarchiques. Nous sommes en train de conclure un financement important avec l’Union européenne et la Banque Mondiale pour enrayer de façon significative les toiles d’araignée dans notre pays. En attendant, avec nos fonds propres, nous sommes en train de déployer ce projet au niveau de la ville de Lomé. Nous avons aussi articulé sur ce projet, le branchement de 100.000 abonnés. Ces abonnés sont des abonnés potentiels. Nous avons à cœur les consommateurs à faible revenu », a-t-il répondu.

Pour ce qui est du débat sur la tarification du compteur prépayé et du compteur classique, le Directeur Général note qu’il n’est pas encore à jour. « Lorsque nous lancerons le projet de la consommation prépayée à grande échelle, tous ces aspects, s’ils sont vérifiés, seront levés. Un problème de tarif ne peut pas mettre en péril un projet qui renverse le système de collecte des revenus. Le prépayé permet au client de gérer sa consommation, d’éviter les entrées intempestives des releveurs, de réduire les taux de perte et d’éviter les coupures imprévues. Nous voyons ce projet comme un projet qui nous permet de mieux respecter nos clients », a-t-il relevé.

« Nous sommes en train de formaliser le cadre permanent de dialogue social. La direction générale s’y engage. Pour le statut du personnel relatif à l’assurance-maladie des retraités de la CEET, le principe est acquis. Nous sommes à la phase d’opérationnalisation. Et pour le problème de CETRAT, nous attendons de vous des propositions concrètes et durables pour résoudre cette équation. Nous voulons trouver une solution durable ensemble, afin que cette coopérative soit plus crédible et que nous ne retombions plus dans les mêmes erreurs du passé. Les discussions peuvent être ouvertes », a indiqué le Directeur Général qui a profité de l’occasion pour réitérer son engagement de pouvoir matérialiser la vision du Gouvernement. « Le Gouvernement tient à un programme social. Et pour nous, ce programme de matérialisation passe par un programme d’électrification à grande échelle, en essayant de baisser le plus bas que possible le coût de l’électricité. Le projet est prêt. C’est notre façon de contribuer au programme social lancé par le Gouvernement. J’appelle tout le personnel à être engagé dans ce projet », a lancé Paul Mawusi KAKATSI.

Des diplômes d’honneur ont été remis à des cadres de la Compagnie Energie Electrique du Togo à l’occasion de cette journée internationale du travail qui a marqué le personnel.

En prélude à cette célébration, un marathon et un tournoi de football entre les différents départements de la CEET ont été organisés.

Inscrite dans la démarche qualité, la CEET vise une meilleure croissance dans les prochaines années. Un plan stratégique de développement vient d’être bouclé à cette fin. Outil de souveraineté de l’Etat, la société se tourne désormais vers un avenir plus radieux.


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